01/11/2020 - Même l’armée belge déploie des ambulances alors que des ambulanciers sont mis au chômage temporaire.

Vendredi dernier, le gouvernement fédéral a pris des mesures drastiques pour arrêter la propagation du Coronavirus. La pression croissante sur le secteur de la santé n'était plus tenable. Le nombre de patients a explosé et le personnel de soins est sur les dents. Les couloirs de nombreux hôpitaux ont sans doute connu un soupir de soulagement.

C'était également le cas pour le transport de patients, le parent pauvre de la chaine des soins. Le secteur est soulagé que l'on évite le pire et que l'on donne désormais au secteur des soins de santé toute la place dont il a besoin pour faire face à la surcharge.

Néanmoins, la pilule est amère. On pourrait s'attendre à ce que le transport de patients ne sache pas ou donner de la tête, mais c'est le contraire qui se produit. La saturation des hôpitaux oblige de reporter les soins non-urgents, des soins pour lesquels l’utilisation d’une ambulance est souvent la garantie d’y avoir accès, par manque d’autonomie ou de mobilité. 

La majorité de ces transports sont désormais annulés. De nombreux services d’ambulances restent à l’arrêt, ce qui a un impact économique pour le secteur. Le secteur souffre depuis des années en raison d'un sous-financement structurel, ce qui fait que de nombreuses organisations du secteur n'ont guère les moyens de passer au travers de cette crise. Ce fut donc un choc lorsque, au début de la semaine, des ambulances supplémentaires ont été mobilisées entre autres par le ministère de la défense, alors même que des centaines d’ambulanciers professionnels devaient être mis au chômage temporaire.

Belgambu, l'association professionnelle belge des services d'ambulances reconnue par l’Arrêté Royal du 28 juin 2019, dresse avec tristesse un constat alarmant : « Le seul soutien que nous avons reçu en 7 mois de pandémie se résume à quelques boîtes de masques chirurgicaux. Malgré nos cris de détresse aux autorités, nous devons constater que nous sommes seuls. » 

Le secteur demande une fois de plus qu'ils soient reconnus comme un partenaire à part entière dans le domaine de la santé : "Comme partout ailleurs dans le secteur de la santé, beaucoup de nos travailleurs sont passionnés par leur travail. Ils veulent faire leur part plus que jamais, mais ils sont obligés de rester chez eux"